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Lettre 964·XX, folios : 294 295
Buffevant, Louis de, seigneur de Moidieu
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Valence
Grenoble
,

Transcription

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Reçue à Grenoble, le 14 mars 1573.
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Monseigneur, aiant esté à Loriol pardevers monsieur de Rousset le IXe
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du present et avoir treuvé que la compagnie du cappitaine Alleret n’estoit accomodée
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de vivres, qui estoit occasion à la pluspart de ses soldatz secarter de leur
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drappeau et venir vivre audict lieu de Loriol, par commandement de mondict
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segneur de Rousset desirant obvier à ce desordre, j’ay faict cuyre des peins
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en cette ville la quantité de douze centz pour jour, lesquelz je luy envoyé
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par charretes pour estre distribués [barré : com] à ladicte compagnie ou aultres au pris
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et cours du marché, lequel mondict segneur de Rousset treuvent excessif, je crois
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que il y mectra taux raisonnable que le soldat puysse s’entretenir pour empescher
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qu’il ne se debende comme ilz se promectent, estant poussés d’alhieurs de quelques
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indignités et mecontentemens envers leur cappitaine. Pour obvier, n’avoir heu si tost moyen
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de m’eyder des grains provenans de la perequation que j’ay faicte sur les feuz,
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j’ay esté contrainct emprunter des particuliers de cette ville où j’ai treuvé si peu
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de fromentz ez maison mesmes des plus riches que n’en hont pas leur provision
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d’icy à la prise, et scachant qu’ilz avoient leurs grains aus grandes procheines
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pour le deduire plus librement et n’estre contrainctz m’en accomoder par prest
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en cas de necessité, je y ay envoyé pour ne demeurer depourveu, donnat
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asseurance aux proprietères d’iceux paier en deniers ou semblables espèces de
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denrées ou bien les assigner sus lieue ou mandementz qui se trouverront moings
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foules. Je n’ai pu encor aller au Montelimar pour aviser et pourveoir à
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l’entretenement de la compagnie du cappitaine Colon, lequel alla audit lieu mardy
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Ve de ce moys pour les occasions que mondit segneur de Rousset vous a pu escrire.
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J’espère y aller dymenche prochein aidant Dieu, pour y donner ordre après que
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j’aurey pourveu en cette ville. J’ay dressé troys magazins lesquelz pourront
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secourir votre armée de quatre mille sestiers de blé, aiant faict celuy
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de Crest plus grand pour estre plus propre et commode à secourir à celluy
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des deux aultres ou Valence ou la Montelymard, auquel il vous plairra
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fère votre demeure plus longue, oultre les grains des particuliers qui
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vous doneroient moyen de attendre aultres provisions desquelz je me tiendrey
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[294v°] saisi et de toutes aultres denrées de façon que aidant Dieu, votre dicte armée
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n’aura necessité. Je prens indifferemment par emprunt de l’ung et l’aultre party
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pour ne fère entrer en deffiance personne quelconque. Quant ce viendra au rambourcement,
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votre ordonnance en decidera. Je ne scai si vous trouverés mauvais que par
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l’avertissement des consulz de l’avis de monsieur le mareschal j’aye chargé
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le cappitaine Chabert assisté d’ung second, aller au château de madame de La Baume
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laquelle lesdictz consulz de cette ville m’ont asseuré avoir faict resserrer en sa
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maison la quantité de deux centz charges de farine, et avecque toute discretioin et modestie la prier de ma part me vouloir accomoder de quelque partie
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des grains qu’on m’a faict entendre elle avoir en grande abondance et
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par ce moien decouvrir le fondz de ses greniers et la verité du faict.
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La compagnie de segneur Centurion dans deux ou trois jours que la
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fourniture ordonnée estre faict par certeines aides et villages procheines de
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Loriol par ordonnance de mondit segneur de Rousset pour leur entretenement
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et ce par manière de prest, me tumbera sus les bras. Surquoy il vous
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plairra m’escrire voz bons plaisirs, ensemble l’estat des gens de cheval et
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gens de pied pour l’observer de poinct en poinct et me pouvoir conserver
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dans voz ordonnances. Priant Dieu,
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monseigneur vous donner en très bonne sancté et longue vie, accomplissement
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de voz bons desirs. De Valance, ce XIIe mars 1573.
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Monseigneur, comme voulois clorre la presente, monsieur de Rousset est arrivé en cette ville
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en poste pour quelque entreprinse qu’il a en mein concernant le service de sa magesté
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et votre, qui m’a requis ung quintal de poudre pour l’exeqution de son desseing en
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partie de la commission qu’il vous a plu me balier, ce que je n’ai pu en vertu du pouvoir
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par vous à moy donné. ^ [^ Toutefoys je n’ay laissé respondre à mon nom demy
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quintal de poudre et autant de plomb.] Le dit sieur m’a asseuré que les femmes des rebelles
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hont advertissement de ceux qui sont en Vivarez de vendre toutes leurs denrées
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et aucungs de la religion n’ont voulu entendre à negociations fort avantageuses.
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Votre très humble et très obeissant serviteur
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De Buffevant